"Les livres ne remplacent pas la vie, ils l'élargissent.
"Françoise Gasparri
Affichage des articles dont le libellé est Jura abbayes. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jura abbayes. Afficher tous les articles

mardi 25 mai 2010

Grégorien, chant sacré


Les Rencontres Bernon de 2009, placée sous la présidence de Denyse Riche, maître de conférences en histoire médiévale à l’Université Lumière (Lyon II), célèbrent le chant grégorien. Avec ces 4èmes cahiers revenons sur des rencontres riches d’enseignements.

Vous le savez sans doute, durant toute l’année 2010 de nombreuses manifestations marqueront le 1 100e anniversaire de la fondation de Cluny, par quelques moines partis de deux abbayes jurassiennes : Baumes-les-Messieurs et Gigny. L’association des Amis de l’ancienne Abbaye Saint Pierre de Gigny, ont décidé de marquer de leur empreinte cette année clunisienne en consacrant une large partie de leur Cahiers Bernon au chant grégorien. Le chant grégorien est un chant particulier de la liturgie catholique. La tradition fait remonter la naissance de cette musique à Saint Grégoire, qui l’aurait reçu de l’Esprit Saint, lui étant apparu sous la forme d’une colombe. Lorsque l'on évoque le chant grégorien, on indique un corpus musical théoriquement achevé au début du IXe siècle, rassemblant des milliers de mélodies d'origine diverses, à une époque où l'on ne note pas encore la musique, donc un répertoire uniquement de culture orale. Après plusieurs réformes, aux XI, XVI et 19ème siècle, le chant grégorien revient aujourd’hui à la mode, surtout en Angleterre et en Allemagne. Par sa beauté, sa puissance, sa sensibilisation, il sublime la règle bénédictine : Ora et Labora. Ce cahier éclaire, d’un regard renouvelé par des études récentes, le chant lui-même, mais aussi son environnement général et local, spirituel, intellectuel, patrimonial, architectural et artistique. Ce travail remarquable s’ouvre sur un article passionnant et instructif, signé René Locatelli, sur la réforme grégorienne, voulue par le pape Grégoire VII, réforme qui sera pour l’église catholique un grand tournant spirituel et temporel. Tous les articles sont du plus grand intérêt, mais j’ai plus particulièrement retenu celui de Vincent Petit, sur la tentative de restauration du chant grégorien dans le diocèse de Besançon au 19ème siècle, celui de Jean-François Ryon consacré aux représentations de la musique dans les objets mobilier jurassien ; et enfin celui de Gaëlle Gremet sur la recherche de la musique de l’âme dans les Livres d’Heures Bourguignons. L’ouvrage se termine par les actualités clunisiennes. C’est dans cette dernière partie que l’on apprend que les Amis de Gigny ont eu l’heureuse initiative de rééditer avec les éditions Aréopage, l’ouvrage de B. Gaspard : l’Histoire de Gigny, parue en 1843 et de son supplément, paru en 1858. Ces ouvrages, depuis longtemps introuvables, restent la référence pour tous les curieux de l’histoire religieuse jurassienne. Vous pouvez vous les procurer soit auprès des éditions Aréopage (0384247776) soit auprès du secrétaire de l’association (0384854644) au prix de 75 euros les trois volumes.
Les Cahiers Bernon : Gigny études et images du patrimoine, n° 4. Éditions Aréopage, 2009. – 270 p. – 27 euros.

mardi 7 avril 2009

Mère de Cluny.

L'abbaye de Gigny, dans le canton de Saint-Julien, est l’une des plus anciennes abbayes bénédictines de notre pays. Avec celle de Baume-les-Messieurs, elle est à l’origine de Cluny.
L’abbaye de Gigny fait partie du réseau prestigieux des sites clunisiens, grand itinéraire culturel du Conseil de L’Europe. Bernon (850-926) quitte l’abbaye de Baume-les-Messieurs en 893, pour fonder sur les terres de son père, le comte Audon, une communauté destinée à restaurer l'observance définie par la règle de saint Benoît de Nursie. En 894, il obtient du pape Formose que Baume et Gigny soient placées sous la juridiction du Saint-Siège. Le fondateur quittera l’abbaye en 909 pour fonder avec quelques moines, la célèbre abbaye de Cluny (71). En 1095, l’abbaye est reléguée au rang de prieuré. Au XIIe siècle, un incendie détruit le village et le monastère. Le prieuré est passé en commende au XVe siècle. Le cardinal Julien della Rovère, le futur pape Jules II, fut le prieur commendataire de l'abbaye en 1495. Le prieuré est sécularisé en 1760 et la communauté supprimée à la Révolution. L'église monastique, devenue collégiale au XVIIIe siècle sous le vocable de Saint-Pierre, devient alors paroissiale, sous le nom de Saint-Taurin.
Moins connue des touristes que sa grande sœur de Baume-les-Messieurs, Gigny mérite que l’on nous en rappelle l’histoire et l’influence. L’Association des Amis de l’ancienne abbaye Saint-Pierre de Gigny se sont donnés pour tâche, l’édition des Cahiers Bernon pour rendre vivant ce patrimoine, à travers l’étude des archives, mais aussi en replaçant Gigny dans son environnement cultuel et culturel. Le numéro 3 de ces cahiers vient de sortir aux éditions Aréopage. (Remercions ici cette maison qui a le courage d’éditer une revue savante en région). Ce troisième numéro est consacré pour une grande partie aux Actes des Rencontres Bernon de 2007, qui eurent pour thème : La Nuit. A noter que la troisième partie ce volume est consacré à la première recension des textes et travaux sur Gigny. Signalons enfin que le n° 2 des cahiers est toujours disponible en librairie où auprès de l’éditeur. La lecture de ces volumes, j’en suis sur, vous donnera l’irrésistible envie de visiter ce site exceptionnel.
Les Cahiers Bernon n°3. – Editions Aréopage, Lons-Le-Saunier, 2008. – 284 p., 27 euros.