"Les livres ne remplacent pas la vie, ils l'élargissent.
"Françoise Gasparri
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mercredi 20 août 2008

Le diamant de la Vouivre : Copié mais jamais égalé.



1638. La guerre de Dix ans ravage la Franche Comté. La France, l’ennemie de toujours, tente une nouvelle fois de conquérir ce puissant et riche Comté. Sous les ordres, sans scrupules, de Richelieu, les troupes françaises dévastent le pays. Quelques voix comtoises sont pour le rapprochement entre la France et la Comté. A leur tête le sinistre seigneur de l’Aigle, Antide de Montaigu. Dans l’ombre il œuvre et ourdit sa trahison. Bientôt la Résistance s’organise autour du fameux capitaine Lacuzon, le Curé Marquis et le Capitaine Varod…
Cette histoire vous dit quelque chose ? N’en soyez pas surpris. C’est exactement la même trame d’ un autre roman, beaucoup plus connu dans notre région : Le Médecin des pauvres de Xavier de Montépin. Il faut dire que Monsieur de Montépin, romancier de valeur, n’a pas hésité à s’inspirer, je devrais dire à piller sans vergogne, ce roman historique écrit 20 ans plus tôt par l’avocat lédonnien Jousserandot. Cela fit scandale et il y eut procès que Jousserandot a perdu. Montepin plus célèbre que lui, pouvait compter sur de serviles appuis. Pourtant ce même Montepin n’hésite pas à faire référence à Jousserandot et même à lui adresser des louanges. Au chapitre XI, il écrit « nous ne croyons pouvoir mieux faire qu’en reproduisant textuellement ce qu’écrivait sur cette petite cité [Saint Claude] Mr Jousserandot dans « le Diamant de la Vouivre »… ».
Ce « Médecin des pauvres » maintes fois réédités à fait tomber dans les profondeurs de l’oubli l’excellent « Diamant de la Vouivre ». Profitez donc de l’été pour découvrir ce roman historique remarquable, bien meilleur que le plagiat, qui mêle histoire et mythologie, romantisme des descriptions du comté, en particulier la vallée du Hérisson et les ruines de l’antique château de l’Aigle, aux reconstitutions parfaites des combats et du mode de vie de l’époque.

Le Diamant de la Vouivre / L. Jousserandot. Editions Aréopage. 23 €

vendredi 8 août 2008

La Porteuse de pain, un best seller du 19eme.






Publié par le célèbre feuilletoniste, Xavier de Montépin, natif de la Haute Saône, ce roman connu un très vif succès qui lui assura jusque dans les années 1990 d’innombrables rééditions et de multiples adaptations sur la scène, puis sur l’écran.
Si le récit de base est simple, l’intrigue, elle, est greffée de nombreux développements secondaires.
L’héroïne de cette histoire est gardienne dans une usine. Jeanne Fortier, mère de deux enfants est veuve depuis peu, son mari ayant été victime d’un accident de travail. Ne désirant pas se remarier, elle refuse les propositions de Jacques Garaud, contre-maître à l’usine. Econduit, celui-ci se venge. Il met le feu à l’usine, vole une énorme somme d’argent dans le coffre de l’entreprise et tue son patron. Il fait en sorte que se soit Jeanne qui soit accusée de ces méfaits. Arrêtée, condamnée à la réclusion perpétuelle, elle devient folle et perd la mémoire des évènements passés. Lors d’un incendie sur son lieu de détention, les évènements enfouis reviennent à la surface. Evadée quelques années plus tard, elle retrouve une nouvelle identité. Elle se fait appeler Lise Perrin et travaille comme porteuse de pain à Paris. Son seul désir, découvrir ce que ces deux enfants sont devenus. Mais, hélas, Garaud est de retour. Il rentre des Etats-Unis où il a bâtit une immense fortune sous le nom de Paul Harmant. Il s’installe à Paris au moment même où Lise Perrin y arrive. Le hasard ne cesse alors de les confronter. L’assassin s’acharne contre l’innocente traquée, l’un et l’autre découvrant progressivement leurs véritables identités. L’intervention bienveillante du peintre Etienne Castel, permet le dévoilement de la vérité : le coupable démasqué, l’innocente réhabilitée.

Le roman se compose exclusivement de scènes d’actions. Pas de descriptions de décors ou de lieux, à a différence du roman réaliste, en vogue à l’époque.
Xavier de Montepin a écrit ce roman avec une indéniable virtuosité, ce qui explique la fortune durable de son œuvre, dont la lecture est encore aujourd’hui très agréable.

La porteuse de pain / Xavier de Montépin. Le livre de Poche. 5 Euros.

samedi 15 mars 2008

La littérature populaire





Vous ne le savez sans doute pas, mais j’ai pour la littérature populaire, un vrai attachement. Parmi mes auteurs préférés j’aime cité Xavier de Montepin et surtout Blanche de Buxy, tous deux franc-comtois. J’aime feuilleté Les journaux comme l’ouvrier, le journal du roman, ou le très célèbre Veillée des Chaumières. C’était au 19ème et au début du 20ème l’un des rares moyens de faire entrer le livre dans les foyers les plus modestes. Biens culturels peu onéreux, ces journaux sont d’une consommation courante.
Délaissées par les bibliophiles, ces éditions disparaissent peu à peu. Heureusement quelques collectionneurs passionnés tentent de conserver et de faire sortir d’un injuste oubli cette littérature populaire.
Voici le site de l’un d’eux, très riche et extrêmement bien fait sur le journal : La semaine de Suzette.
http://nouvellesuzette.canalblog.com/

Si la littérature populaire vous intéresse, ou si vous désirez en savoir plus, je vous conseille la lecture de deux ouvrages :
Le roman du quotidien : lecteurs et lectures populaires à la belle époque de Anne Marie Thiesse, aux éditions du Seuil. (Collection Points)
Le roman –feuilleton français au XIXe siècle de Lise Quellélec aux éditions PUF (collection Que sais-je).