Les lectures de Montepin
mardi 30 octobre 2012
Du coté de chez Marcel.
mardi 17 juillet 2012
Juste ou collaborateur ?
Splendeurs et misères d’un artisan !
jeudi 14 avril 2011
Naissance d’une plume.
La plus grande joie pour un lecteur est d’assister à la naissance d’un véritable écrivain. Avec A la fin tout le monde est mort, on sait dès les premières pages, que le miracle a lieu.
Raphaël Fayolle entre en littérature avec un joli succès d’estime, grâce à son roman Namor, paru aux éditions doloises Guten. Ce roman noir, celui de l’enfermement, mettait en scène le jeune Jérôme Mattogalli, patient d’un hôpital psychiatrique après une énième tentative de suicide. Matto vit dans le souvenir fantasmé de Marie, son seul amour. Le second opus de cet auvergnat-vosgien est cette fois un recueil de nouvelles. Il faut avoir beaucoup de courage, voire d’inconscience pour publier un ouvrage de textes courts, tant le public français semble bouder ce genre littéraire, au contraire des anglo-saxons qui en sont friands. Les nouvelles sont réunies sous le titre générique A la fin tout le monde est mort. Le trait d’union entre tous ces textes sont : l’amour, la mort, l’humour. Pour adoucir un peu la noirceur du propos, chaque titre porte une couleur : rose, blanc, orange, roux, ….. A la simple lecture du titre on sait déjà que le personnage central en sera Dame Faucheuse, maitresse du jeu de la vie. Entre un paysan auvergnat qui se croit enfin mort ; une histoire d’amour qui meurt avant d’être née ; une héroïne qui survit plus qu’elle ne vit, l’auteur nous invite à entrer dans son univers si particulier. Il y a du Marcel Aymé dans la façon que Raphaël Fayolle à de jouer avec la destinée de ces personnages. Quand on lit Raphaël Fayolle on pense aux premières lignes de La table-aux-crevés. Jean Pranard a des airs de famille avec l’Aurélie Coindet. Pour faire de bonnes nouvelles, il faut un personnage fort, une fin surprenante, inattendue, bouleversante, voire déstabilisante. Raphaël Fayolle a un don pour entrainer ses lecteurs dans des situations pleines de fantaisie, aux dénouements remarquablement amenés. Si le traitement de ces nouvelles dramatiques, est effroyablement morbide et désespérant, l’auteur aime ces personnages et l’humour avec lequel il teinte ses récits fait de cette lecture des moments de plaisir que l’on n’est pas prêt à oublier.
A la lecture de Namor, on sentait bien que l’on avait entre les mains le premier opus d’un écrivain en devenir. Avec A la fin tout le monde est mort, Raphaël Fayolle confirme qu’il faudra compter avec son talent original et son univers dans les prochaines années.
L'auteur est né au Puy-en-Velay, en 1970, cité dans laquelle il a grandi « tant bien que mal », dit-il jusqu'à ses dix-huit ans. Aujourd'hui, il partage son temps entre Clermont-Ferrand, au pied des volcans auvergnats, et Saint-Michel-sur-Meurthe, au pied des chaumes vosgiennes.
Après avoir été professeur d'espagnol, il exerce désormais l'activité d'écrivain public.
A la fin, tout le monde est mort/Raphaël Fayolle. – Editions Jean-Paul Bayol, 2010. – 154 p. – 14.90 euros
vendredi 25 mars 2011
Les Haut-Saonois au travail

Jacques Mourant n’en est pas à son premier coup d’essai. Il nous a déjà invités à connaître l’histoire de Pesmes dans un précédent ouvrage remarqué pour ses qualités par les historiens de la région. Il récidive quelques mois plus tard, avec un ouvrage tout aussi excellent : Les Haut-Saônois de la Révolution à nos jours : leurs modes de vie. Aujourd’hui, il dresse le portrait des grandes réussites industrielles du département. Il veut nous faire mieux connaît une Haute-Saône industrieuse. La « Haute-Patate » a trop longtemps souffert d’une image de département agricole ne tirant ses revenus exclusivement de l’agriculture et de la sylviculture. C’est bien mal connaître son histoire industrielle, qui participe à la richesse de la Franche-Comté, au même titre que les trois autres départements. Histoire qui trouve naissance dans les profondeurs de la terre, avec les forges. Les plus considérables étaient établies à Pesmes et doivent leur renom à la famille Dornier, qui après la Révolution en devient propriétaire. Très tôt la réputation de ses fontes, fers et aciers dépasse largement les frontières du département. Une autre industrie liée au métal prospère c’est la taillanderie avec la famille Jouclard, avec comme spécialisation les sécateurs. L’entreprise survivra jusque dans les années 1986. Est-ce parce que la Haute-Saône est une terre agricole riche, que nait à Gray les établissements Marland ? L’agriculture au 19ème siècle doit produire toujours plus. On a besoin de machines pour cultiver la terre. En 1824 , grâce à l’invention de Jacques Melchior Tisserand, ouvrier à Chargey-les-Port, les établissements fondés par les frères Marland va connaître une croissance exceptionnelle. Cette machine était capable de battre, vanner et cribler toute espèce de graines. Actionnée soit à bras soit à l’aide d’un cheval va révolutionner le travail en campagne. La réussite de cette industrie est elle, qu’elle perdure encore de nos jours dans les environs de Gray, avec entre autre, l’usine John Deere France, employant près de 500 personnes. 500 personnes c’est également le nombre d’employés des laboratoires Vétoquinol à Lure, fondé par Joseph Charles Freclin en 1932. Ce laboratoire, spécialisé dans les antibiotiques pour animaux possèdent des unités de fabrication dans le monde entier : Irlande, Espagne, Mexique USA, Allemagne. Si d’autres belles réussites industrielles se voient encore dans le département tel Peugeot, ou la verrerie de la Rochère, d’autres moins rentables ont laissé des traces durables dans la géographie saônoise. La plus connue reste les Houillères de Ronchamp.
L’ouvrage de Jacques Mourant se lit avec un grand plaisir et suscite notre curiosité. Il a su parfaitement faire revivre ce passé, trop souvent oublié par les historiens, et démontre s’il en était besoin que notre région a des atouts pour rester une terre industrielle avec laquelle il faut compter.
Les Haut-saônois de la Révolution à nos jours : Leurs principaux employeurs / Jacques Mourant. 362 p. – 25 euros. Diffusé par La Maison du Livre Diffusion Distribution ?
jeudi 10 mars 2011
Un comtois en pays albigeois.
Serviteur du duc de Bourgogne, des papes Nicolas V et Pie II, de Louis XI, Jean Jouffroy est l’un des plus fameux bibliophiles de la fin du Moyen-Age.
Depuis plusieurs années, la cité épiscopale d’Albi, inscrite sur la liste du Patrimoine mondiale de l’Humanité, met en place de grandes expositions pour mieux connaître ses trésors du patrimoine écrit. L’exposition qui vient de fermer ses portes rendait hommage à un prince de l’église tout aussi méconnu en pays albigeois qu’en Franche-Comté, sa patrie d’origine. Jean-Jouffroy est né vers 1410 à Luxeuil. Son père, riche marchand et banquier, est l’un des hommes les plus influents de la cité bisontine. Jean fit ses premières études au monastère bénédictin de Luxeuil, puis à l’université de Dole, fondé par Philippe le Bon. Après avoir prononcé les vœux de l’ordre de Saint Benoît, il s’oriente vers l’étude du droit canon qu’il termine à Pavie avec le grade de « doctor iuris canonici ». C’est à la curie du pape Eugène IV (1431-1447) qu’il gravit les premiers échelons d’une carrière spectaculaire. Après s’être fait remarqué par son talent d’oratoire auprès du pape, il se met au service du duc de bourgogne et intègre en 1441, son Grand conseil ; il y tiendra un rôle influent pendant près de 20 années. Il sera entre autre le grand maître d’œuvre du concordat signé entre le duc de Bourgogne et le pape Nicolas V. Le 18 décembre 1461, Pie II publie la création de six nouveaux cardinaux, dont Jean Jouffroy. Une année après, il renonça à son évêché d’Arras, dans l’intention de l’échanger contre Besançon et Albi, qu’il osa demander tous les deux. Son projet n’aboutit pas et il se résigne à accepter Albi, qui ne représente que la moitié des revenus d’Arras. Dans la nuit du 24 au 25 novembre 1473, Jean Jouffroy succombe à une fièvre dans le prieuré de Reuilly(Indre). Il est inhumé dans la cathédrale d’Albi, en la chapelle de la Sainte-Croix. Outre son parcours d’homme d’église et de fin diplomate, on retiendra de ce grand prince, son goût pour les beaux manuscrits, pour la bibliophilie. L’ouvrage que publie la médiathèque d’agglomération Pierre-Amalric d’Albi en collaboration avec les éditions Silvana Editoriale, est bien plus qu’un simple catalogue d’exposition. C’est un ouvrage de référence sur ce personnage qui grand collectionneur, fut le premier prélat à introduire le livre italien de la Renaissance en France.
Toute sa vie durant, notre cardinal n’a cessé d’être un insatiable collectionneur de livre. Les dernières études ont permis d’identifier plus d’une centaine d’ouvrages lu appartenant, dont plus de 90 sont conservé à la bibliothèque vaticane. Parmi ces merveilles vous retrouverez dans cet ouvrage le Quintilien, de institutione oratoria, XVè siècle ; Homère, Odyssée et Iliade, Rome, 1461-1462, Stuttgart.
Le goût de la Renaissance italienne : Les manuscrits enluminés de Jean Jouffroy, cardinal d’Albi (1412-1473). Médiathèque d’Albi, 2010. 159 p. – Nombreuses illustrations. 28 euros.
mercredi 23 février 2011
Le père de la paléontologie

Georges Cuvier : La révélation des mondes perdus / Claude Cardot. – Editions du Sekoya, 2010. – 412 p. – 24, 50 euros
jeudi 17 février 2011
L’Education sentimentale.

Pierric Bailly revient avec un roman très original, à la construction déroutante, mais parfaitement maitrisée. 3 personnages masculins, tous appelés Luc ; 3 personnages féminins, toutes appelées Maud. Pourtant, il n’y a qu’un Luc et qu’une Maud. Dans son premier roman, Pierric Bailly nous entrainait dans l’univers d’adolescents vivant sans se préoccuper de leur avenir. Aujourd’hui les adolescents ont grandis. L’action se déroule entre septembre 2006 et juillet 2009. Luc, jeune jurassien, intègre l’Université de Montpellier, section Arts du spectacle. Son projet devenir metteur en scène. Luc se décrit comme un être moche à la coiffure indomptable, toujours une casquette vissée sur la tête. Il tombe amoureux de Maud, une jeune fille qu’il qualifie de boulotte, pas très jolie, mais dotée d’une énergie débordante. Elle le fascine. Cette histoire d’amour va faire murir notre jeune héros. Contrairement à beaucoup de romans ou le caractère du personnage principal ne se modifie pas au cours de l’histoire, Luc va, grâce à cette histoire d’amour évolutive, progresser, changer, profiter de cet apprentissage. Terminée l’adolescence. Il fait son entrée dans le monde des adultes en découvrant la liberté l’l’indépendance. Mais avec ce nouvel état, il se pose des questions universelles sur l’ Amours, le sexe, l’amitié, l’avenir professionnel, la solitude. Que vais-je faire de cette liberté ? Qui dois-je devenir ? Rester moi-même avec mes références rurales dans un monde d’étudiants aux référencés urbaines, bourgeoise ? Ou dois-je me forcer à être un autre au risque de ne plus être moi ? De ne plus me reconnaître ? Telles sont ses interrogations. Et Michael Jackson dans tout cela ? Comme le dit l’auteur c’est un titre valise derrière lequel on peut tout mettre. Comme le roi de la pop est mort en juin 2009, ce titre s’est imposé tout simplement. Enfin à signaler que contrairement à son premier opus ; l’auteur a été plus sage dans ces références à la musique, aux grands marques et aux personnages célèbres et aux citations de ces derniers.
Même si comme l’auteur, Luc est du Jura, a fait ses études à Montpelier, porte une casquette, ne s’est jamais trouvé beau, est un admirateur de Virenque et ne peut écouter Christophe sans pleureur, Luc n’est pas Pierric. Pierric n’est pas Luc.
Cette chronique estudiantine, ce discours positif sur l’amour est dune grande force. L’auteur a du talent pour imposer ses personnages. Les détails sont saisissants. Moins grossier, moins surprenant que Polichinelle, ce roman désopilant, au rythme incroyable consacre notre compatriote comme un futur grand de la littérature. Romantique sans être niais, léger sans être creux, sexuel sans jamais être vulgaire, Michael Jackson est LE roman de la rentrée littéraire de Janvier.
Michael Jackon/Pierric Bailly. - P.OL., 2010. - 403 p. - 19, 90 euros


